Présentation

Lectures

Samedi 8 septembre 2007 6 08 /09 /Sep /2007 10:54

Bonjour a tout le monde,

Une nouvelle annee debute en Chine, a Nanjing, et j ai voulu feter ca avec un nouveau blog tout neuf, dans sa conception et son esprit. Alors je ne tarde pas plus, voici son adresse : http://zigenchine@over-blog.com . J espere vous retrouver le plus vite possible sur ce nouveau blog consacre bien evidemment a cette Chine toujours aussi fascinante.

A bientot,

Siegfried.

Par Siegfried - Publié dans : Lectures
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Jeudi 28 juin 2007 4 28 /06 /Juin /2007 11:49

Bie bie Nanjing ,

 

Eh oui, une annee est passee si vite, je n en reviens pas, le temps semble dote d une autre vitesse en Chine. Mais je ne suis pas si triste puisque ce n est qu un au revoir. Je suis en effet de retour a Nanjing le 30 aout. Des vacances de deux mois bien meritees – si, si ca n a pas ete facile ces derniers mois. Rythme d enfer après les vacances du premier mai, les rapports a ecrire au dernier moment, les exams, les papiers administratifs, les coups de telephone que l on doit donner a Arras et qu on aimerait bien eviter. Et puis, comme toujours les anniversaires a feter, les soirees coreennes, ah les coreennes, et puis ces derniers jours, les soirees d adieu, tout ceux et toutes celles qui quittent la Chine et qui ne reviendront pas. Une superbe annee, pleine de rencontres, d’enrichissement et d experiences… ca vous change un homme, croyez moi. Je ne suis plus le meme que celui qui est parti, non, je parle un peu mieux chinois. En tout cas, c est quand meme triste tous ces adieux. Heureusement que j ai encore quelques potes qui restent une annee de plus et puis tous mes amis chinois. Bref, je suis chez moi en Chine. Vous comprenez pourquoi, je ne veux pas revenir en . Vivre dans cette culture me comble tous les jours, je m y sens vraiment bien, j ai besoin d un environnement etranger comme celui la pour evoluer.

 

Et puis il y a le patrimoine, ce memoire que je vais ecrire l annee prochaine et qui va me permettre de m orienter vers ce que j aime. Il y a deux semaines, c etait la semaine du patrimoine culturel en Chine, il y avait a Nanda une serie de conferences donnee par une specialiste anglaise de la conservation des objets archeologiques et egalement de la lutte contre le traffic international d objets archeologiques. Le directeur du centre de recherches sur le patrimoine culturel m a demande de seconder le traducteur lors des conferences, Hum… j aid it oui, bien sur, je ne vais pas refuse rune offer comme celle la. Pour me rendre compte le moment arrive que j etais simplement parfaitement incapable de faire de la traduction simultanee de l nglais vers le chinois. Je me suis senti un peu mal a l aise sur le coup, mais pas de probleme, j ai ete adopte par le centre de recherché et j ai pu rencontrer les etudiants en preservation du patrimoine de Nanda. Rencontres tres interessantes. Il y a une volonte de dialogue et d echange avec l occident. Il faut reellement que de tels echanges d experiences entre les pays se multiplient. Toutes les personnes que j ai rencontrees, qui pourraient avoir la grosse tete au vu de leur experience, sont d une simplicite er d une gentillesse remarquables. Ca me donne vraiment envie de travailler dans ce secteur. Mais il me faut reellement developper mon niveau de chinois. Pour connaitre son niveau, il y a la HSK – le TOEIC chinois – que j ai passé ce dimanche. Dur, dur, d autant plus que Sylvain, un pote qui travaille a Beijing, etait venu passer le WE a Nanjing . Soiree plutot bien arrosee le samedi, qui a fini dans les clubs de Nanjing. Peu d heures de sommeil, et c est parti pour pres de trois heures de concentration non stop. On verra le resultat, ca devrait aller.

 

Bon, je prends le bus a 11h30 ce soir, quatre heures de trajet jusque  pudong, l aeroport de shanghai, nuit dans l aeroport, depart demain matin direction bruxelles via londres. Je reste une semaine en Belgique, puis serai dans le pas de Calais entre le 5 et le 10 juillet, avant de passer quelques jours a Paris et descendre en Correze. J aimerai bien vous revoir – une annee quand meme, c est quelque chose, il a du s en passer des choses – bref, envoyez moi des messages pour me dire ou vous etes aux mois de juillet et aout. Je verrai si je peux venire vous faire un petit coucou. Et pareil, si vous passez par la Correze , vous etes les bienvenus.

 

Je suis content de refaire un saut en et de retrouver toutes ces habitudes que j ai laissees. La premiere chose : samedi midi, un cornet de frites (le plus grand), un kebab (j en ai Presque oublie le gout) et une biere belge (mmm…). Et la baguette pour le petit dej. ! avec du nutella, oh oui du nutella. Finalement ca a du bon de rentrer. Par contre, je vais devoir m accrocher pour les prix. Comment ? trois euros le sandwiche ? mais ca fait trente kuais, c est du vol. Allez, un euro cinquante. Ah, cette habitude de marchander. Il y a aussi cette mauvaise habitude de faire des reflexions tout haut en francais (il va falloir faire tout particulierement attention) : “allez, toi, le gros, pousse toi, je suis presse, oups, il comprend le francais”.

 

Bon, il faut que je termine mes valises, je vous laisse ici et puis je vous dis a tres bientot,

 

Bie,

 

Siegfried.

Par Siegfried - Publié dans : Lectures
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Lundi 7 mai 2007 1 07 /05 /Mai /2007 07:52

Bonjour a tous et a toutes,

 

Lundi 7 mai 2007, sept heures du matin, derniere journee des vacances, je m en vais ce matin acheter mon petit dejeuner dans la rue, un baozi a la viande de porc, un baozi aux legumes, une galette au navet, du lait de soja. Il fait deja tres chaud, je me ballade sur le campus de l universite de Nanda, les chinois jouent deja au basket-ball ou font leur jogging, les chinoises ont mises leurs jupes qui flottent dans le vent qui nous vient du Changjiang (le Yangtze). En passant, je jette un coup d oeil sur l etalage de journaux du marchand a la grande porte de l universite. Je feuillette les pages du journal local, en derniere page, il y a les nouvelles internationales, je lis : Nicolas Sarkozy est devenu president de la . J avais totalement oublie ce qui se tramait en pendant que je dormais, epuise par la semaine de voyage. La m est revenue d un coup a la memoire, au milieu d une ruelle de Nanjing alors que les byciclettes vont et viennent, entoure des marchands de fruits et de nouilles. C est que la , c est si loin. Je me suis dit, bon, il faut que je vous ecrive le recit de ces vacances du premier mai.

En Chine, pas de vacances de Paques, mais une semaine de conges pour la fete communiste du travail. Du coup, les chinois en profitent pour partir sur les routes et les rails. Le premier mai est un pic touristique. Mais ce n est pas cela qui allait m empecher de partir. J ai donc quitte Nanjing lundi dernier par une journee pluvieuse, en compagnie de Zanna, une amie allemande. Deux heures seulement pour rejoindre Shanghai, a bord du tout nouveau train a grande vitesse, baptise harmonie, le nouveau mot a la mode en republique populaire de Chine. Hu Jintao a lance le mot et voila qu il se multiplie un peu partout, sur toutes les banderoles qui fleurissent un peu partout en Chine, celebrant la construction d une societe et d une economie socialistes de marche . Deng Xiaoping avait lance le celebre : ‘enrichissez-vous’ appellant a la constitution d une classe moyenne, mais avec le developpement croissant des inegalites entre les plus riches et les plus pauvres, le gouvernement prefere aujourd hui le mot d ordre d une societe harmonieuse – soucieuse de mettre fin aux inegalites- voeux pieux dans une societe de transition du socialisme au liberalisme, de l assistanat a l enterprise privee. Deuxieme passage a Shanghai , ville de tous les superlatives, vitrine de la Chine a l occidentale, mais ce n est pas nouveau. Shanghai a une tradition d occidentalisation, depuis les concessions etrangeres a la Zone Economique Speciale de Pudong. Mais nous ne nous arretons pas dans la ville cosmopolite, deux heures de bus nous amenent dans l immense zone portuaire de Shanghai d ou part le bateau qui nous menera a Putuoshan. Si tu ne parles pas chinois, essaie meme pas de trouver le quai, ce ne fut pas sans obstacles, mais bon, on y est arrive. Pas un occidental en partance pour l archipel de Zhoushan – au large des cotes du Zhejiang. Huit heures, le bateau quitte la rade alors que defilent les docks illumines sous la lumiere de la lune. Nous dormons dans une piece de vingt personnes. L air du large, la mer de l ouest, le bruit des machines, l odeur de l huile, le son des sirenes, cette impression de partir loin, le bonheur du voyage. Au petit matin, nous voguons entre des rochers emergeant de la mer, puis apparait Putuoshan, la terre de Guanyin, avec sa gigantesque statue de 33 metres. Deux jours passes sur l ile, a arpenter tous les chemins, longer les longues plages ou l on croise quelques moines contemplant la mer alors que la jeune classe moyenne prefere les joies du squad. Symbole eclatant du contraste entre deux Chines. La jeunesse aime le bruit, il lui faut sans cesse la musique pop, ou le bruit de moteurs. Elle vient tout juste de decouvrir les plaisirs de la consommation, alors que nous, sevres, cherchons a nous en eloigner. Mais il reste heureusement certaines plages a l ecart de cette contamination moderne. Le soir tombant, ballade au milieu des plantations de the, on croise certains petits sanctuaries dans des grottes naturelles, sur les petits sentiers a flanc de colline on croise quelques nonnes se promenant. Les touristes convergent vers les restaurants de produits de la mer, au demeurant tres chers. Putuoshan est une tres belle ile, dotee d une vegetation luxuriante. Il faut se ballader dans ces temples, dans la fume d encens ou se prosternent les pelerins devant les gigantesques statues du dieu du pantheon bouddhiste. Chaque roche est animee de calligraphies de stances bouddhistes. Grotte du bruit des vagues, plage des mille marches, pavillons dominant l ocean, roches abruptes plongeant dans les eaux, chaque lieu reserve des surprises. Le temps a ete magnifique et en plus d belles images, j ai ramene de Putuoshan des coups de soleil.

Zanna est repartee pour Shanghai, j ai poursuivi quant a moi la route plus loin, avec Hangzhou comme objectif. Mais pas facile de quitter l ile. Une heure et demi pour acheter un billet, une nouvelle heure d attente pour embarquer, et se endre compte inalement que le bateau ne m amene pas l;a ou je souhaite aller. Tous les chinois me devisagent, et j entends derriere moi le mot sans cesse repete ‘laowai, laowai’ (etranger). Je me sens un peu perdu, sur ce bateau entre les iles Zhoushan. Les chinois sont comme des grands enfants, il faut les voir tous courir pour embarquer sur le bateau. J aboutis sur un caillou desert, cherchant un bus qui m amenera a la nuit tombante dans le port de Shijiamen. Surprises de la mondialisation, la premiere chose que j apercois est un Auchan flambant neuf a l entrée de la ville. Hotel miteux ans le centre ville, toilettes et douches communes sans eaux haude, bien evidemment. Et je ne m etends pas sur les toilettes chinoises, simplement vous dire que les toilettes publiques ont bien souvent meme pas de cloison, ou sinon le strict minimum. A la gare de bus, les chinois s amusent a voir un laowai qui parlent chinois. Ils rient plutou que de repondre a mes questions. Je quitterai le port le lendemain. Cinq heures de bus, dont une heure en bac, pour rejoindre Hangzhou . Arrivee dans une chaleur caniculaire, gare routiere de l est, des foules de chinois venus des quatre coins du pays, et un veritable defi s impose a moi : trouver une chambre au plein Coeur du pic touristique de ces vacances. Je n ai pas beaucoup d espoir du cote des hotels, alors je mise tout sur le centre des etudiants etrangers de l universite de Zheda. Pari gagne, j obtiens une chamber en plein Coeur du campus verdoyant, domine par l imposante batisse de la bibliotheque qui fait face a une colossale statue de Mao Zedong. C est la deuxieme statue de Mao que je vois en Cine, la premiere etant a Chengdu, la capitale du Sichuan . Le parti communiste reste de fait tres present dans le monde des universites, car il sait bien que les revoltes et manifestations partent traditionnellement de celles-ci. Le Mouvement du 4 mai 1919, ou la tragedie de Tiananmen en 1989 en sont des exemples flagrants. La ligue de la jeunesse vise toujours a encadrer ideologiquement les etudiants. Deng Xiao Ping avait d ailleurs declare au lendemain du massacre du 4 juin 1989 a Tiananmen : “s’il y a eu 1989, c est qu’il y a eu un echec de la formation politique aupres des etudiants”. Avant 89, les tudiants etaient idealists, curieux, et se sentaient responsables de l avenir de la societe, pour advancer progressivement vers la democratie et la liberte. Mais les temps ont change avec une generation moins idealiste, plus pragmatique et realiste, plus centre sur elle meme, plus egoiste en somme. La majeure partie d entre eux ne trouve pas d employ une fois le diplome obtenu alors que les frais d universite sont de plus en plus eleves et qu il faut s endette toujours plus. Plus de movement d emancipation n est veritablement possible du fait de deux raisons : le travail de sape et de controle de l Etat chinois en premier lieu, puis le developpement de l economie de marche qui a fait de l enrichissement un mot d ordre plutot que les inspirations a la democratie. Bref, deux pressions, politique et economique, qui encouragent l individualisme. Il est paradoxal et flagrant de voir combine le communisme, d esprit collectiviste, a entraine un tres fort individualisme en fait. Le chinois n a pas conscience de l espace public et on le voit par exemple a travers cette habitude de ne pas mettre les dechets a la poubelle mais de les jetter a meme la rue ou la nature. La politique de l enfant unique va engendrer egalement un developpement de l egoisme et des problemes pychologiques des individus qui recoivent une pression enorme du fait qu ils incarnet tous les espoirs de leur famille. J arrête la ces aspects tres interessants de la societe chinoise. Hangzhou est une ville magnifique, avec son lac de l’Ouest parseme d iles reliees par des ponts et de longs bancs de terre. Les berges du lac sont fort boisees et on peut parcourir Durant des heures des jardins a la chinoise, ou chaque detour du chemin reserve des surprises, ponts, etangs, pavillons, lanterns, maisons de the. J ai a Hangzhou une amie chinoise, Xiaona, qui m a une journee durant fait decouvrir la ville. C est toujours un plaisir de decouvrir une ville chinoise en compagnie de quelqu un qui en connait tous les coins et les histories. Le centre est tres grand, a la chinoise, avec de hauts buildings, des mac donalds, des KFC, un starbucks, d immenses galleries commerciales… Pluie fine et brumes pour le dernier jour a Hangzhou , derriere la bibliotheque de l universite, un chemin monte a l assaut des monts qui environment le lac de l oust. Plusieurs heures de marche sur les lignes de crete, dominant la ville et aboutissant au Coeur de plantations de the avant de rejoinder le lac. Et puis, c est le retour pour Nanjing , et des vacances qui s achevent. Plus que quatre semaines de cours en fait, et trois dossiers a teminer en plus des cours de chinois. Bref, pas vraiment le temps de chomer les semaines qui vont venire. Mais ce voyage aura ete l occasion de recharger ses batteries et l envie de repartir une nouvelle fois dcouvrir les merveilles d un pays a l echelle d un continent. Je n hesiterai pas a mettre les photos du voyage, laissez moi juste un peu de temps.

p.s. : salut Marion, heureux d avoir de tes nouvelles. Je n ai pas acces a wanadoo de Chine. Je te donne mon adresse hotmail : siegfried.f@hormail.fr

 

 

Je vous dit a bientot.

 

Siegfried.

 

Par Siegfried - Publié dans : Lectures
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Dimanche 29 avril 2007 7 29 /04 /Avr /2007 09:06

Bonjour tout le monde,

 

Tout d abord excusez-moi pour le silence de ces derniers mois, plutot charges, mais comme on dit, pas de nouvelles, bonnes nouvelles. Merci en tout cas pour vos messages et vos commentaires.

 

Le printemps en Chine est peut etre le moment le plus agreable, en tout cas c est le cas a Nanjing . Des temperatures qui oscillent entre 20 et 30 degres, un grand ciel bleu, rien de plus agreable que de prendre sa bicyclette et de filer a toute allure dans les arteres et ruelles de la ville, se perdre dans les faubourgs ou chaque jour s elevent de nouvelles tours de quarante etages alors que l on rase les derniers vestiges des quartiers anciens de la ville. Sur les bords de la riviere Qinghuai, qui traverse la ville et que longe les morceaux restants de la muraille qui entourait Nanjing, la municipalite a amenage d enormes espaces pour cyclistes et pietons avec des passerelles uniquement pour les velos. Je profite des après midis ensoleilles pour faire un petit somme au bord de l eau, a l ecart de la cacophonie urbaine. Les vacances sont arrivees, enfin, une petite semaine pour recharger ses batteries. Pas de vacances de Paques en Chine, mais la semaine de la fete du travail – le premier mai – est l occasion pour tous les chinois de rentrer dans sa province ou de voyager. Les trains sont tous complets et il faut souvent se resoudre a prendre une place assise pour une dizaine d heures de train puisque toutes les couchettes ont deja ete reserves. Je quitte Nanjing demain pour un petit voyage. Inutile d aller trop loin, une semaine c est plutot court. Je prends le train pour Shanghai , un nouveau train express vient d etre mis sur les rails : une heure quarante cinq de trajetsa la place des trois heures habituelles. De Shanghai, je prends un bateau pour me rendre sur l ile de Putuoshan. Une nuit de traversee pour arriver au petit matin sur cette ile de l archipel de Zhoushan, au large des cotes du Zhejiang, la province au sud de Shanghai . L ile de putuoshan est la quatrieme montagne sacree du bouddhisme en Chine, c est le royaume de Guanyin, la desse bouddhiste la plus veneree en Chine et qui n est autre qu Avalokitteshvara au , dont on dit que le dalai lama est l incarnation. D ou beaucoup de moines tibetains vont a putuoshan en pelerinage. L ile est couverte de temples, de statues et de grottes marines, il y a des petits villages de pecheur et de belles plages ou viennent s echouer les vagues de la mer de Chine. L ile, protégée de tout plan de developpement, est un petit monde protégé a l ecart des exuberances urbaines de la Chine. Des legendes sacrees aux histoires de pirates japonais, l ile est l objet de nombreux recits et est mentionnee dans bien des classiques dont le voyage vers l ouest – un des quatre grands classiques de la dynastie des Qing. Bref, une visite qui ne manquera pas, certainement d interet. Je poursuivrai ma route a travers l archipel jusque Ningbo, sur les cotes du Zhejiang, puis prendrai la direction de Hangzhou . Un proverbe chinois dit : Au ciel il y a le paradis, et sur terre, il y a Suzhou et Hangzhou . Marco Polo, qui la traversa au XIII eme siecle, la decrivit comme une des plus splendides cites du monde. Elle est celebre pour son lac de l Ouest. J ai une amie chinoise la bas qui me fera une petite visite guide de la ville, rien de mieux pour decouvrir Hangzhou . Puis retour sur Nanjing pour reprendre les cours jusque fin juin. Bien sur, je ne manquerai pas de faire un recit detaille de ce periple a mon retour.

 

Il faut s imaginer le nombre de merveilles que recelle une province, il y en a vingt et une plus cinq provinces autonomes en Chine. Un nombre inepuisable de villes, sites, temples… Avec tout cela qui demande encore a etre decouvert, je ne pouvais pas rentrer en comme cela. Bref, je rembarque pour une nouvelle annee a Nanjing . Cette seconde annee sera un peu differente que celle ci. Je repars avec Arras , dans le cadre d un master 2. Mais je vais pouvoir me consacrer au patrimoine. En effet, je vais ecrire un memoire sur la creation et le developpement de la notion de patrimoine culturel en Chine. L universite de Nanjing dispose d un centre de recherches du patrimoine culturel et naturel. J ai pris contact avec le directeur du centre, le professeur He, responsable des fouilles du site des tombes Ming a Nanda – il a redige le dossier de classement du site au patrimoine mondial de l Unesco. Celui-ci s est montre interesse par mon projet de memoire et m aidera a le rediger. Je suis vraiment heureux de pouvoir poursuivre dans la voie qui m interesse. La notion de patrimoine en Chine est une notion en developpement et relativement recente, surtout en ce qui concerne le patrimoine immateriel. Rediger un memoire va me permettre de developper mes connaissances sur le sujet et certainement m ouvrir des opportunites professionnelles par la suite. D’ailleurs, en juin, je vais faire office d interprete lors de la venue d un professeur de l universite de Londres specialize dans le patrimoine culturel. Il va falloir assurer. Je  rentrerai en pour les grandes vacances avant de repartir fin aout pour Nanjing . Il faut encore que j achete les billets d avion, j espere pouvoir vous dire bonjour cet ete.

 

Pour s inscrire en master 2, il me faut avoir cette annee, c est a dire rediger tout plein de rapports sur mon sejour et sur l economie chinoise en plus des cours de chinois. Bref, j ai ete plutot occupe ces derniers temps avec toute cette masse de travail qui m est d un coup tombee dessus. Cela ne m empeche pas de profiter de mes week end pour faire des sorties, assister a des representations du Kunqu, l opera de nanjing , aller au resto avec mes amis chinois, jouer au bowling, ou karaoker. Je commence a connaitre quelques chansons chinoises a force de les entendre et de les reentendre. La musique est omnipresente dans la vie chinoise, et si au debut on a l impression que toutes les chansons se ressemblent, avec un peu d entrainement on commence les distinguer les unes des autres. J espere que d ici l annee prochaine, je pourrai etre un roi du karaoke chinois – il y a encore du travail… Quant a la langue chinoise, eh bien, je progresse toujours et encore mais je suis encore loin d etre satisfait – le chinois est tellement difficile ! j espere un jour pouvoir parler comme Dashan. Dashan est un canadien que tous les chinois que connaissent. Sa maitrise du chinois est extraordinaire, tellement qu il est devenu une star en Chine et qu il est presentateur a la tele chinoise, apparait sur de nombreuses publicites, fait des one man show en chinois. Bon, il vit en Chine depuis une dizaine d annees deja.

 

Je vous laisse ici, j ai encore mon sac a preparer, et le depart est demain mation a huit heure. Je souhaite a tous une bonne contuination et puis je vous dis a tres bientot.

 

Siegfried.

 

Par Siegfried - Publié dans : Lectures
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Mardi 20 février 2007 2 20 /02 /Fév /2007 07:57

Bonjour tout le monde,

 

Et tout d abord une bonne annee a tous et a toutes. Eh oui, la Chine est bel(le) et bien rentree dans la nuit de samedi a dimanche dans l annee du cochon, sous les feux d artifices et les explosions de petard. Nanjing s est illuminee de partout alors qu entre les tours du centre ville resonnaient des petarades en tout genre (tiens, ca resonne encore) au milieu d epaisses fumees. Franchement, on se serait cru en etat de guerre. Plus que d habitude, les bars et les boites de la ville se sont remplis, envahis par la jeunesse chinoise qui vient feter le nouvel an comme nous le fetons le 31 decembre. C est la fin des vacances : dans une semaine, c est la reprise des cours après deux longs mois d interruption. Ah, pour ca, la reprise sera dure, mais j avoue que je suis content que tout cela recommence, les vacances m ont encore donne plus envie de poursuivre l apprentissage du chinois, et puis le plaisir de revoir tout le monde. Certains sont rentres chez eux, d autres en ont profite pour voyager, comme moi. Je vous avais parle d un voyage dans la province du Sichuan, avec mon pote Julien, et bien c est avec plaisir que je vous annonce que nous en sommes rentres vivants, et avec tellement de souvenirs que j ai peur que ma tete n ait pas assez de place pour tous les garder. Et puisque je ne suis pas egoiste, je vais vous en faire un petit peu partager. Allez, nous partons pour le Sichuan

 

Le Sichuan , province de 488 000 km carres et peuplee de 109 millions d habitants est souvent appelle par les chinois le royaume celeste en raison de l abondance de ses resources naturelles et de la richesse de son heritage culturel. Son nom signifie quatre rivieres et fait reference a quatre des quatre-vingts cours d eau qui traversent la province. Cette province, la plus vaste du Sud Ouest, de la chine, rassemble une population aussi variee que ses paysages. Si la partie orientale compte une tres forte densite de population rurale, les regions de l ouest sont les terrres du bouddhisme : laissant place peu a peu aux plateaux du , leurs forets et leurs immenses etendues balayees par les vents abritent surtout des Qiang et des tibetains. La province a cultive un dialecte specifique ainsi qu une cuisine originale connue pour etre fort pimentee . Chengdu , capitale de la province, est devenue l une des villes les plus prosperes, dynamiques et liberales de la region. Bon, j arrete ici ma presentation a la lonely planet ? j ecris pas un guide touristique. Mais bon, il fallait planter le décor. Pour les photos - mis a part celle ci, veulez jetter un petit coup d oeuil a l album photo sur votre gauche.

 

Nous sommes partis aux alentours de treize heures de Nanjing , le pont d acier ? fierte autrefois du modernisme communiste - nous a fait franchir les eaux troubles du Yangtze alors que l ancienne capitale disparaissait dans son manteau de brume (c est mieux comme ca ? Bon, j ecris pas un roman non plus, alors il va falloir que je fasse quelques raccourcis, desole). Trente cinq heures de train nous attendent, a travers les provinces du centre de la vaste Chine ou une campagne morne et poussiereuse, sous un ciel nuageux laisse parfois place a des villes tres laides comme le communisme sait si bien les construire, toutes de beton et d acier. Quelquefois, un petit temple de devotion locale, un cimetiere de steles pour rappeller que les traditions sont encore la et se fraient un chemin dans le monde moderne. Le train est comfortable, nous sommes dans un compartiment a couchettes dures, ce qui n est pas mal. Pas question de rester assis durant trente cinq heures. Chaque compartiment ? il y en a onze par wagons ? se divise en deux rangees de trois couchettes superposees les unes au dessus des autres. Jiangsu, Anhui, Shaanxi defilent alors que nous traversons des regions de plus en plus desertes. Le trajet est rythme Par de nombreux arrets ou l on descend sur le quai pour acheter quelques aliments et boissons aux vendeurs ambulants qui attendant l arret du train. Bols de nouilles instantanes, cacahuetes, cuisses de poulet, fruits, morceaux de viande sechee? On bavarde, on joue au carte, on va chercher de l eau chaude. Le 13 janvier, nous arrivons a Chendu sous une pluie fine, vers vingt heures, perdus au milieu des foules autour de la gare. Un bus nous amene au centre ville ou trone encore la statue de Mao Zedong, le grand timonier, pas loin d un mac Donald, et d un KFC et d un magasin Cartier.

 

Chengdu est une tres belle ville, propre, claire, facile a s orienter, comme on voudrait en voir plus en Chine. De nombreux parcs, comme le parc du peuple, mais egalement de nombreux temples comme il y en a tant en Chine, bouddhistes et taoistes. De tres jolies chinoises egalement, on dit que les filles du Sichuan sont les plus belles de Chine, n allez pas croire que c est cela uniquement qui a motive notre choix pour le Sichuan. Mais c est un fait qu on y voit de belles chinoises plus qu ailleurs. On croise parfois, au milieu d enormes rues commerciales ou s etalent dans une profusion qui n appartient qu a la Chine d inombrables enseignes occidentales, quelques tibetains vetus de leurs vetements traditionnels, comme perdus dans cet univers qui ne leur appartient pas. L hotel ou nous avons loge pour 35 kuai la nuit ? soit trois euros et cinquante centimes ? est fort plaisant . Il possede un jardin avec des jeux d eaux entoure d habitations trditionnelles chinoises, et de terrasses ou l on deguste le the servi par des chinoises vetues de leurs elegants vetements de soie. La nuit s allument des dizaines de lampioles rouges accrochees aux arbres alors que les chinois fumant cigarette sur cigarette et buvant du the jouent au carte jusqu au petit matin.

 

Un trajet de neuf heures de bus nous amene a Songpan, dans les montagnes du nord du Sichuan, au Coeur de la region de l Aba, refuge de nombreuses minorities comme les Hui et les Qiang. Cahotes et serres a l arriere du bus, nos sacs sur nos genoux, devant supporter les courants d air glaces qui viennent lecher notre cou, la fumee de cigarette, ne pouvant pas bouger, nous frolons des ravins tombant a pic dans des eaux turquoises. Le chauffeur accelere autant qu il peut, doublant dans les virages en montee, je prefere parfois fermer les yeux. L architecture moderne et laide laisse place peu a peu a des habitations en bois decorees de motifs traditionnels ? motifs vegetaux, tetes de yacks. Enfin, nous arivons a Songpan., une ville de taille moyenne, traversee par une riviere, avec son marche au yack, a proximite de l aire d abattage ? coeurs sensibles s abstenir ? sa magnifique mosque deguisee en temple chinois, et puis son temple dedie a la deesse Guanyin que nous retrouverons plus loin ? aux frontieres du Tibet ? sous l aspect masculin d avalokiteshvara, la divinite tutelaire du dalailama. Un mur d enceinte entoure le centre ville, ouvert par trois portes. Une quatrieme porte, dans la montagne, surplombe la ville. On trouve a Songpan de nombreuses boutiques tenues par des tibetains et vendant a des prix tres bas de nombreux vetements et autres objets tibetains. Je n ai pu resister a la tentation de faire l achat d un manteau en poils de yack, qui me sera d ailleurs pas inutile. La chambre d hotel n a pas d electricite, et la canalisation qui alimente la ville en eau chaude a rompu. Mais il y a les douches publiques pour se laver ; l eau povient d une enome cuve chauffee au charbon de bois, inutile de dire que l eau y est bouillante, et c est la le probleme, elle est parfois trop chaude pour se laver. Le matin dans la chamber, une couche de glace recouvre la vitre, a l interieur. Mais mon nouveau manteau me tient tres chaud. Dans la montagne, a quelques heures de marche de la ville, au cours d une randonnee, nous avons decouvert dans la monagne un petit sanctuaire. On y entre par une porte protégée par deux gardiens courrouces ? comme on les voit traditionnellement sur les portes des temples. Trois batisses sont dediees a des cultes differents mais reunis ici, au meme endroit. Le premier espace est dedie au culte nomme Cheng Huang (??), il abrite de nombreuses statues colorees representant je ne sais quelles divinites de devotion populaire. Le second espace est dedie au bouddhisme, le troisieme a l ecole du bouddha Amithaba. Le sanctuaire est baigne dans cette atmosphere de silence qui est celle des sommets. Le temps est magnifique. Sur les sommets sont plantes des piquets recouverts de drapeaux de priere de toutes les couleurs flottant dans le vent et envoyant dans les cinq directions sacrees du bouddhisme les priers de benediction. Nous arrivons dans de petits villages de montagne accessibles uniquement par la marche et habites par la minorite Hui. Des ribambelles d enfants de cinq a dix ans courent ans les montagnes, conduisant les troupeaux de chevres et de vaches, ils nous regardent intrigues. Une femme nous invite a la suivre dans sa maison, nous la suivons. Nous nous retrouvons dans l atmosphere sombre d une petite cuisine, entoures de cinq enfants et de deux femmes. Les femmes portent leur magnifique coiffure traditionnelle ainsi que leurs vetemens colores. On nous offer du the, des pommes de terre a la vapeur aini que du choux sauté. Les enfants sont sales, ils ont les joues brulees par le soleil et le froid, leurs yeux sont petillants, il y a de la fierte chez les garcons, une certaine elegance chez les filles. Ces gens n ont presque rien et ils nous offrent le repas, n acceptant meme pas l argent que nous leur proposons. Peut etre que cette distance qu ils ont encore su garder avec la modernite leur a fait conserver le sens du don, de l accueil et de l hospitalite. Il y a tant a apprendre de cette simplicite et humilite.

 

Apres Songpan, nous prenons la route pour Jiuzhaigou, une somptueuse vallee alpine aux lacs transparents et etincellants comme des pieres precieuses. Classe au patrimoine mondial de l Unesco, la reserve naturelle est en ete fort frequentee par le tourisme, mais assurement pas en hiver. L entrée est chere, comme la majorite des sites de l Unesco, un ticket nous permet d y rester deux journees. Nous choisissons la marche comme moyen de transport, le plus beau qu il soit. Les pics enneiges viennent se refleter dans les eaux des lacs aux couleurs virant du vert emeraude au bleu azur. J ai rarement vu eau si claire et limpide, des traces dans la neige nous laissent deviner la presence d animaux invisibles. Le long de la riviere, des moulins a priere sont actives par le courant. L intimite d un temple bouddhiste tibetain nous a surpris. Au , le bouddhisme a pris une forme que l on ne retrouve nulle part ailleurs. La batisse principale est protégée par une rangee de chortens ? ces constructions pyramidales, images du cosmos, qui parsement les sommets et abritent parfois des reliques sacrees ? pares de mille drapeaux de priere. Le temple presente d abord une splendide antichambre pleine de couleurs, puis nous entrons dans le sanctuaire somber, alors que sous nos pied craque le bois. Trois gigantesques statues accueillent le croyant, des thankas (images representant les multiples divinites et creatures du pantheon bouddhique) et des mandalas (representations geometriques du cosmos) sont accroches aux murs, le temple abrite une population nombreuse de personages fantasmatiques. La roue du Dharma (la loi bouddhiste) et la swastika regnent en maitres. Il regne une atmosphere de paix, chargee de l odeur de l encens, propice a la meditation. Mais pas le temps de mediter, nous remontons toute la journee la riviere, celle ci se perd dans des bassins limpides, se multiplie en de nombreux torrents. Les chutes d eau sont plus belles que partout ailleurs. Les forets de pin doivent arbiter un riche bestiaire mais les seuls habitants que nous apercevons sont les oiseaux, fort colores. Partout, le silence, les parois rocheuses des montagnes enneigees qui nous entourent se perdent dans la brume. Loin de la cacophonie des villes chinoises, une nature encore pure. La region abrite l ethnie tibetaine. Ceux-cis vivent dans de magnifiques villages. Le midi, nous nous sommes contentes d un bol de tsampa ? la boisson tibetaine qui consiste en du the dans lequel on plonge un morceau de beurre de yack ? alors qu un vieil habitant de la vallee nous a parle de sa jeunesse, lorsqu il pouvait encore chasser. Je n ai pas tout compris, imaginez son accent en chinois. Nous avons passé la nuit dans une famille tibetaine. Ici, tous les hommes sont moines, a l exception du cadet qui s interesse plus au basket et aux clips musicaux a la tele (choc des generations). Ce ne sont pas des bouddhistes mais des moines Bon, cette tres ancienne religion animiste tibetaine, qui existait bien avant l arrivee du bouddhisme. La sale de sejour est fort decoree et les murs sont recouverts d un meuble en bois colore qui permet de ranger toutes les affaires de la maison. Outre le poele a bois, la television semble tenir une place importante. La cuisine est tres bonne. La chamber est glaciale et depouillee, les toilettes sont dehors ? de simples planches avec un trou donnant sur une fosse, plutot odorante. Le soir, la neige tombe.

 

Un retour rapide a Chengdu, puis c est reparti vers l ouest du Sichuan , sur la route du Tibet.. Huit heures de bus nous amenent a Kanding, derniere ville chinoise avant les terres tibetaines. Lhassa est loin et puis il faut un permis special pour entrer dans la province du . Mais l ouest du Sichuan est deja culturellement une terre tibetaine et c est a Litang que nous souhaitons nous render. Kanding offre peu d interet, sinon cette tradition surprenante dont nous avons ete les temoins. Il est 19h00. Sur la place principale de la petite ville, les hauts parleurs se mettent a diffuser de la musique. C est alors que venue des quatre directions, une foule se met a danser en rythme, elle se partage en petits groupes, chcun entreprenant une choregraphie. Durant une heure, la place deviant une piste de danse a ciel ouvert qui rassemble toutes les generations. Quelle surprise de voir les habitants de Kanding danser sous les etoiles, alors que la temperature avoisine les zeros degres. Lorsque la musique cesse, chacun reprend sa route comme ci de rien n etait. Kanding, dernier bastion de la civilisation chinoise. Le people Han y a etabli tous les commerces necessaires a sa survie au milieu des montagnes a l ouest du Sichuan . Seulement, le est la, accompagnant les moines vetus de robes oranges.

 

Desolation. Peut etre le mot qui incarne le mieux les hauts plateaux du . Litang, a quatre mille cinq cent metres d altitudes, est au plus pres des cieux. Dans la poussiere des chemins caillouteux cheminent les troupeaux de yacks, depassant de vieux chortens que seuls viennent frequenter les vents. Les enfants sont vetus bien legerement malgre le froid qui engourdit nos mains. Les maisons sont des architectures cubiques de Pierre, simples, mais finemement decorees. Le tibetain a beaucoup plus le sens des couleurs que le chinois. Une carcasse de cheval est partagee entre des chiens sauvages et d enormes corbeaux. Au loin passent les hommes vetus de leurs manteaux de laine, conduisant les troupeaux d un pas nonchalant. En toile de fonds, une barriere montagneuse qui vient proteger les regions vers l oust. Terre aride, infertile, ne donnant naissance qu a des lieux sacrees, sous un ciel que j ai rarement vu aussi bleu. Les couleurs sont demultipliees a cette altitude, l air est net et limpide. La route de neuf heures conduisant de Kanding a Litang fut un regal pour les yeux. Dans le bus, un vieil homme tout le long du trajet egrenne un chapelet et fait tourner son moulin a priere tout en marmonnant sans cesse la priere Om Mani Padme Hum. Le bus traverse des paysages ecrasants alors que nous prenons sans cesse de l altitude. La route est tres mauvaise et franchit de nombreux cols balayes par les vents. Dans les vallees, quelques villages, et puis c est le domains des yacks. Tout n est que pierre , monts arrondis uses par les vents ou montagnes tranchantes saupoudrees de neige. Tout est immense, infini, on se sent perdu, il n y a que la route pour rappeller que les hommes sont passes par la, et qu ils y passent encore. Dans ce petit bus qui se trimballe difficilement au coeur de cet environnement hostile, je prends des photos toutes les cinq minutes. Parfois on croise une maison, et je me demande comment on peut vivre la.

 

Au nord de Litang se trouve une gompa ? un monastere bouddhiste ? sur une colline qui domine les alentours. Une procession continue de tibetains de tout age tourne autour de l enceinte du monastere, dans le sens sacre, celui de la rotation solaire. Nous suivons ces pelerins, certains se prosternent entierement sur le sol tous les trois pas. Tous les ages de la vie sont reunis dans cette extraordinaire procession. Les moulins a priere tournent sans s arreter un instant, les chapelets s egrennent, les recitations des mantras emplissent l air, tout tourne, pas d immobilite. Le est comme on l imagine, avec ce sens du sacre qui impregne le quotidien. La soiree fut des plus belles, dans une famille tibetaine rencontree par hasard, accompagnes d un americain, Nick, et d une suedoise, Victoria . Nous avons mange des raviolis fourres a la pomme de terre, bu de la tsampa, chantes des chansons de nos pays, et ecoute les belles melodies des chants tibetains. Une derniere soiree avant de reprendre la route du retour pour Chengdu et laisser le derriere moi, et l envie d y retourner.

 

Leshan est a deux heures de bus au sud de Chengdu . On y trouve un bouddha assis de 70 metres de haut, la plus grande statue de bouddha au monde, contemplant le confluent des rivieres Dadu et Min, dont les habitants a ecailles sont loin d etre mauvais. Pagodes et temples ? encore des temples ? parsement le site. Il y a egalement la reserve des pandas, animal emblematique du Sichuan et de la Chine , qui dort et mange des pousses de bambous toute la journee. Puis c est le retour sur Chengdu, et puis sur Nanjing . Chemin a l envers, on ne sent pas passer les trente-cinq heures ( moi qui trouvait long les quatre malheureuses heures du Paris-Brive). On se retrouve a Nanjing et on se sent chez soi, on retrouve ses reperes. Voila. Retour en forme debut fevrier, un peu plus tot que prevu, c est vrai. Un beau petit ? pardonnez l expression ? voyage, et il y a tellement de choses que j ai oubliees.

 

J ai profite des semaines de vacances me restant pour fair un tour du cote de Nantong, au nord de Shanghai, de l autre cote du Yangtze, pour voir des amis chinois, puis a Suzhou, a mi chemin entre Shanghai et Nanjing. De Nantong a Suzhou , on traverse le fleuve Yangtze en bac. Le fleuve est si grand qu on en voit pas l autre rive. Le bac progresse sur ses eaux boueuses alors que des centaines de bateaux, des plus gros porte-contenaires aux freles esquifs, descendent vers l embouchure. Suzhou est classee au patrimoine mondial de l Unesco pour ses jardins, lieux de residence, de meditation et de loisirs d une aristocratie sous les Ming. Ville d art, quoi de mieux que d avoir un peintre-calligraphe pour guide. Rencontre en lors de mon stage de deuxieme annee a l IUP, Dong Wen Zheng peint sur la soie et est maitre calligraphe. Sous son toit vivent trois generations, a la chinoise. La cuisine est excellente, comme toujours, quoique parfois un peu etrange, comme les pates de poulet dont ils rafollent. Suzhou est une tres belle ville vec ses quartiers trditionnels qu aucun imeuble de plus de trois etages ne vient polluter. Parsemee de caneaux, elle est appellee la Venise de l Orient.

 

Voila un petit apercu de ces vacances, riches en mouvements, mais j ai hate maintenant de reprendre les cours, histoire de se remettre a cent pour cent dans le chinois. En esperant que ce recit vous aura plu, et en attendant de vos nouvelles a tous et a toutes, je vous a tres bientot.

 

Siegfried.

Par Siegfried - Publié dans : Lectures
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